• Image of Blondino - Jamais Sans La Nuit

Elle est Blondino et brouille des pistes en tout genre.

Une illusionniste qui traverse des miroirs à l’infini, flotte et chante dans des jardins suspendus avec un piano et une guitare.

Elle est Blondino, une silhouette blonde enroulée dans le blizzard.

La jeune femme s’enfuit dans les profondeurs de la ville et sème sur son passage une troublante mélancolie, lumineuse et glacée qui nous embrasse et fait frissonner l’échine.

Son premier album « Jamais sans la nuit » dessine des paysages en mouvement et révèle des chansons hybrides, diaphanes, comme dans certains poèmes d’Eluard. La voix céleste de Blondino serpente sur les vestiges d’une météorite, le piano roule au rythme de cailloux électroniques, et au loin, les harmonies obliques des synthétiseurs forment un royaume incandescent.

Tout ici est étrange, aérien et abyssale. Tout ici est composé pour nous faire perdre pied sur un horizon d’azur synthétique et charnel.

On pense aux inquiétantes incantations d’Angelo Badalamenti, le compositeur de David Lynch, aux flocons organiques de Bjork et aux orchestrations voluptueuses de Goldfrapp qui planent et hantent les nuits de Blondino.

Elle chante depuis toujours, comme sa mère le faisait à la maison en Lorraine, tandis que son père l’initiait à Gainsbourg, Bashung, Dylan ou les Beatles.

La musique est devenue son refuge, un endroit secret pour s’échapper, s’inventer et se perdre.

Blondino a composé, avec la complicité de Jean-Chistophe Ortega, un opus de onze pièces comme on tisse une étoffe pour l’hiver, un disque comme une étreinte. « Jamais sans la nuit » c’est un monde parallèle avec une fille de verre, une icône désenchantée, une femme qui se noie dans le bleu de la nuit et de l’alcool, des villes qui brillent à perte de vue, un amour perdu, des Hommes qui marchent vers la lumière.

C’est un album foisonnant et un moment de recueillement à l’écoute de lignes pures. C’est une voix qui espère, un regard bienveillant, optimiste et ouvert.

Derrière la grâce et l’élégance de Blondino, se cache une amazone qui dévale les rives de la nuit à toute vitesse avec un bouclier en demi-lune.

Celle qui aime les sensations extrêmes, se délecte de son inconstance, souffle le chaud et le froid, se brûle sous la colère et nous abreuve de douceur pour éteindre le feu. Blondino puise sa force dans sa fragilité. Tout ici est tissé pour nous séduire.